18 juin 2021

Je ne sais pas si je ne regrette pas les masques parce que là, ce midi, y’en a un qui a éternué à côté de moi, je m’dis qu’au moins, il n’aurait gêné que lui dans la vie d’avant.🥶😱
Est-ce qu’on peut envisager un truc genre « Si vous avez besoin d’éternuer, le masque et obligatoire » ?

17 juin 2021

Anecdote de ce soir :

Elle passe la tête, enfin, pas vraiment que la tête puisque la porte est ouverte, en fait elle rentre toute entière dans la librairie et il est 19h15 parce que voilà, j’ai un peu traîné et elle me dit J’ai une course à faire vous serez encore ouverte d’ici une demi heure ?

  • 😬😬😬
    (ça c’est moi et mon sourire qu’elle voit pas sous mon masque.)
    (Un peu crispé le sourire.)
    (Ce matin j’étais là à 7h moins l’quart mais évidemment, ce matin à 7h moins l’quart, elle, elle dormait).

Alors du coup je lui réponds en riant que ce soir je fais nocturne, juste pour avoir le plaisir de sortir à minuit et une minute sans masque parce qu’on sera jeudi et que ouiiiiiiiii, demain les masques dans la rue c’est finiiiiii. Et je me dis qu’elle va comprendre que non, je ne vais pas l’attendr… mais voilà qu’elle me coupe la parole et qu’elle ressort en me disant À tout à l’heure…

16 juin 2021

Anecdote de ce début d’après midi où on claque de chaud, 😍enfin !!!, c’est pas trop tôt, on a failli attendre… sous peu on va voir poindre les premiers frimas de l’automne🥶😡😡 :

« Bonjour, je cherche un livre mais c’est pas comme si je me souvenais du titre… »
Aï aïe aïe, ça commence bien, je sens que je vais galérer…
« … il est épais comme ça à peu près. »
Et avec ses doigts, son pouce et son index précisément, elle me montre un écart que j’évalue à 450 pages…

🤣🤣🤣

16 juin 2021

Lost..

Hier soir lorsqu’elle est rentrée il lui a dit ouaiiiiiiis c’est toujours pareeeeeiiiil je t’offre des bijoux qui me coûtent 2 ans de salaire et toi tu les peeeerds évidemment c’est pas comme quand tu étais avec Yvan/Bruno/Jean/Aurélien/Bastien/Arthur qui sais je encore ?, où là bien sûr tu faisais attention à tes bijoux maintenant moi, c’est même pas la peine d’y compter tu t’en cognes de c’que je t’offre c’est quand même dingue comment ça s’fait qu’t’as perdu cette foutue chaîne pourquoi tu l’as enlevée t’avais honte fallait pas qu’un autre la voit c’est ça ? faut pas qu’on sache qu’on est enseeeeemble ????

Mademoiselle,
Madame,
Votre chaîne est là.
Tant que maman n’a pas cher… (euh pardon, ça c’est pour mon fils).
Donc, je reprends, Mademoiselle, madame, tant que je n’ai pas cherché, rien n’est perdu.
Or, j’ai trouvé.
Dites moi ce qu’il y a derrière ce joli pendentif et je vous la rends, cette chaîne. Et vous pourrez lui dire que tout va bien, inutile de monter dans les tours, vous l’avez votre chaîne.
Je répète « Tout va bien. »

Même si perso, si j’étais vous, je réfléchirai à l’idée du lien, de la chaîne, quoi… mais bon. C’est juste que je viens de lire « Combats et métamorphoses d’une femme » d’Edouard Louis, un livre dont on ne sort pas indemne.

29 mai 2021

Anecdote d’hier après midi :
Elles viennent toutes les deux mais elle prend un livre pour son mari et sa môme vient chercher celui qu’elle a commandé. Elle lit beaucoup. Elle vient même à l’insu de sa mère. Y’a pas cachotterie hein, c’est juste que sa mère a sans doute autre chose à faire que passer deux fois par semaine à la boutique.
Elles viennent toutes les deux et pour payer sa commande, elle me tend un bon d’achat et un reste d’avoir. Et puis elle complète. C’est elle qui paie ses bouquins 😍💪.
Lorsqu’elles quittent la boutique, je range le bon d’achat, l’avoir et la monnaie de la môme et sur sa carte de bon d’achat, je lis :
(C’est pas trop joli, ça, la veille de la fête des mères ??? ❤️❤️)

19 mai 2021

Anecdote de « c’est pas comme si ça nous avait manqué ! » :

J’ai déjà bu 8 cafés ce matin. C’est pas tous les jours possible. Enfin…, c’était pas. Je peux vous dire que les livres, va pas falloir qu’ils bougent une oreille aujourd’hui !

18 mai 2021

Moi on m’avait même pas dit qu’il était parti Karim Benzema.

23 avril 2021

Anecdote de ma pause déjeuner :

Je reçois à l’instant ce message.
J’adore…
J’en conclus donc que quelqu’un dont je n’ai pas le numéro de téléphone dans mon répertoire va venir demain, tout(e) bien coiffé(e) de la veille, que cette personne m’aime (le cœur), que sans doute même c’est juste pour moi qu’elle ou il est allé(e) chez SA coiffeuse (faut donc que je sois partageuse) et qu’il ou elle souhaite La chambre des merveilles parce que peut être elle ou il vient de lire un magazine spécialisé dans les livres qui font pleurer parce que misère de misère qu’est ce que j’ai pu pleurer en lisant ce roman là, à chaque page, des larmes, un truc dingue, une femme prise par son boulot à un point incroyable, elle sort avec son fils un samedi matin, elle à pied au téléphone et lui, le môme, en skate dix mètres devant et ils vont traverser la route mais elle fait pas gaffe et le môme on voit bien qu’il s’en fiche de la route et là, paf le camion et… mais d’accord, je TE le réserve pour demain.

15 avril 2021

Anecdote d’un matin à la librairie où Poulidorette rentre avec son père, casque jaune et draisienne blanche et vert anis, et ciré blanc brillant, on sait jamais si toutefois la pluie arrivait…

Je vous préviens de suite, il va peut être vous falloir un décodeur, ou alors vous pouvez tenter de faire comme avec Canal en crypté, vous bougez très vite la tête de gauche à droite sans cesse, si ça s’trouve ça marche.
Bref.

Ils regardent tous les deux les livres dans la roulotte et y’en a des « cossolis dad papa ssé cossoli ci la é là papa li beau ssila rrrroo le léfant dad papaaa la tompe de le léfant ze le veux ssila pou ma méssson et le ssinze lé dôle le ssinze la vu papa le ssinze lé dôle hein ? »

Et voilà qu’elle les passe tous en revue, les livres de la roulotte, et je vous assure qu’il faut être sortie major de l’Institut Parisien à la Renommé Internationale des Langues Enfantines à 30000 euro l’année pour réussir à suivre alors au bout de deux minutes (j’avais que 27 euro 49 en poche lorsque je me suis inscrite), j’ai décroché et je me suis contentée de rire tellement y’avait d’enthousiasme et de joie pour cette petite môme, à découvrir ces éléphants, ces singes, ces hirondelles, et j’en passe, occupés à faire des pirouettes de malades, tout ça pour être sûrs de passer les sélections pour être retenus par les éditeurs d’albums jeunesse et se retrouver avec ses potes de la jungle ou des montagnes à figurer dans ces p’tits bouts de bouquins cartonnés et animés.

Et là, d’un coup, je réalise que j’ai parfaitement compris ce qu’elle vient de dire. Comme si on m’avait menti et que finalement, le baragouinage enfantin, c’était possible en une leçon de 10 minutes alors que depuis 40 ans, j’en bave pour l’anglais.

Je viens d’entendre « lé MAGNIFIQUE ssila »… 😲😲😲

Je me retourne.
Je croise le regard de son père.

Et son père, à cet instant là, croyez moi pas si vous voulez mais je vous jure que c’est vrai, son père à cet instant là, précis, c’est la femme de Nadal alors que l’espagnol vient de remporter Roland Garros pour la 53ème fois, elle savait qu’il gagnerait parce qu’évidemment c’est toujours lui qui gagne même s’il a 88 ans, c’est toujours et encore lui qui gagne elle le sait et elle en est hyper fière, elle a foi en lui il ne l’a jamais déçue, et LE père, à ce moment là, c’est le même, la fierté incarnée, SA fille, elle sait rien dire d’intelligible, mais ça, il sait qu’elle sait, et que ça en bouche un coin à tout le monde, et ce matin, ça m’en bouche un coin à moi.
Il le voit.
Il jubile.
SA fille vient de dire :
lé « MAGNIFIQUE » ssila.

Incroyable.
C’est bien la preuve que si à bientôt 50 ans, je suis toujours aussi nulle en anglais, c’est que mes profs ils ont eu trop foi en quelqu’un d’autre, et que peut-être même, ils ont hésité à croire entre Nadal et moi et que c’est Nadal qu’ils ont choisi.

21 décembre 2020

Anecdote de cette fin de matinée à la librairie que je vous relate en milieu de soirée, en ce moment on fait un peu comme on peut, on commence un truc hier et on le termine la semaine prochaine, faut dire que c’est pas tous les jours dimanche et de toute façon, même le dimanche c’est pas relâche. 

Bref, c’était ce matin, et le temps était à l’orage :

« Rhooo mais je sais pas, tu me dis de prendre pour l’un pour l’autre pour l’un pour l’autre pour l’un… (oui bon c’est bon on a compris) t’arrêtes pas de me dire de réfléchir mais pour Cedric t’as quelque chose ? 

– Oh mais tu m’énerves je t’ai dit que je lui donnais la leeeeettre… »

Enfin non. 

C’est pas exactement comme ça que ça c’est passé. 

Il faut que je vous rapporte les événements de la manière la plus juste parce que sinon vous finirez par ne plus me croire. 

Donc elle lui répond :

« (En serrant les dents hyper fort, tellement fort que je pense qu’elle va faire sauter ses plombages) Oh mais tu m’énneeeeerves JE – T’Ai – DIT- QUE – JE – LUI – DO – NNAIS – LA LEEEEEEEEEETTRE…

– Oui mais tu m’a pas dit ce que tu prenais pour Cedric, mais alors tu prends rien pour Cedric ? Parce que là tu me demandes de trouver pour tout le monde mais tu m’as pas dit pour Cedric… »

Je crois qu’elle fume des oreilles. Pourtant elle a un bandeau en laine mais je suis sûre d’avoir vu un truc qui sortait. C’est l’enfer pour elle Noël, elle va craquer je la vois bien finir comme ça cette matinée qui avait pourtant commencé tout en douceur, j’imagine, avec un dej trois tartines beurre confiture et un grand café (pas à La Buvette, oui on sait, c’est fermé), et puis ensuite ils ont eu l’idée de venir se pourrir la vie à la Librairie c’est dingue qu’il faille toujours que ça tombe sur moi ces histoires là. J’en suis gênée pour les autres Père Noël du moment. Ceci dit, la boutique se vide peu à peu et ils restent tous les deux, peinards pour se pourrir la vie (la leur, et la mienne par la même occas…)

« … Tiens t’as qu’à regarder là pour les ptites. Comme ça, ça t’occupe. »

Ça y est, elle l’a casé devant les lectures CP/CE1 et c’est vers moi qu’elle s’avance d’un pas décidé. Je me prépare à m’en prendre une, je vois bien qu’elle n’a pas encore desserré les dents je sais même pas s’il lui en reste encore. 

Et alors là, elle me chuchote un truc à travers son masque que j’ose même pas lui demander de répéter mais j’ai tellement rien entendu que ça m’paralyse je sais pas comment m’en sortir. 

Heureusement, Dents Serrées a plus d’un tour dans son sac et ce n’est pas les réactions (encore moins l’absence de réactions de l’autre) qui l’arrêtent. Elle me fait signe de la suivre comme si on partait en planque pour le casse du siècle toutes les deux. Je vous jure, je commence à transpirer tellement ça me ravit pas cette idée. Mais je peux difficilement esquiver alors je la suis vers les carnets et les cahiers de Gwenaëlle-Annaick Trolez. Elle me montre un cahier et avec ces mains, elle en cache la moitié en hauteur, la moitié en largeur, et elle me fait un signe interrogatif du menton. Si j’avais pas une grande pratique des films noir et blanc de Charlie Chaplin, je suis pas sûre que j’aurais compris. Parce que c’est ça l’idée, faut pas qu’on parle. Elle a décidé de lui faire un cadeau la bougresse. 

A lui. 

Diiiiingue. 

Elle le lapide sur la place publique depuis une heure mais elle va lui faire une surprise le soir de Noël. 

Tout est possible. 

Bref. 

Je lui trouve son carnet format moitié moins en large et moitié moins en long et elle est heureuse comme un Pape dis donc, je vois même la joie dans ses yeux j’aurais jamais cru que c’était possible. Mais faut faire court, l’autre se ramène, il a trouvé un livre pour les ptites, il est pas du genre à botter en touche quand Dents Serrées exige. 

« Bon alors qu’est ce que t’as trouvé ?! »

La prise d’initiatives a ses limites, on l’aura compris…

Elle regarde quand même, avec indifférence mais elle regarde. Et puis tout aussi vite, elle s’en désintéresse et me pose tout sur le comptoir pour des paquets cadeaux. Elle a pris soin de planquer le carnet sous sa pile. Elle lui demande de regarder Albigny parce qu’ « il est beau tu trouves pas ? » tout en me faisant le clin d’œil du siècle que j’crois qu’elle remet ça avec l’attaque de la Banque Centrale à la dynamite, les premières suées réapparaissent sous mes aisselles, « Mais non », j’me dis, « calme toi ma vieille, faut juste que tu lui emballes son carnet fissa, le temps qu’il regarde ailleurs » alors jsuis tellement soulagée que j’la regarde et sur le même ton complice, je lui dis tout haut :

« On fait la paire toutes les deux, hein !! »

A cet instant là, Bonnie et Clyde à côté de nous, c’était des enfants de cœur.

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