24 octobre 2017

Une anecdote de pause déjeuner… :

Mon Dieu, pardonnez moi, j’ai pêché… Voilà ce qu’on dit dans les films, non ? Alors moi j’ai pas pêché mais j’ai un mal de coeur terrible. Je viens de faire pleurer une dame qui semble gentille, un truc dingue. C’est elle qui servait les sandwichs là où je suis venue chercher une salade. Juste devant moi, une dame commandait un sandwich.

Attention, c’est parti… :

Monologue !!! :

– « Mais non, pas celui là, c’est du pain viennois non ? Et là il y a des tomates ? Non mais je vais prendre celui au jambon. C’est du poulet dans celui là ? Oui mais du poulet comment ? Du poulet… ? Et là c’est une baguette avec du pain comment ? Il est complet aussi dans celui au jambon ? »

Ca a duré 5 minutes montre en main, je vous fais grâce du reste, c’est insupportable. Moi, je lui aurais fait bouffer l’intégralité des sandwichs présents sur la banque (et Dieu sait s’il y en avait) juste pour qu’elle prenne sa quiche (parce qu’au final elle a pris une quiche) (elle a pris aussi son chien qui aboyait dehors depuis une heure) et qu’elle aille voir ailleurs comme l’herbe est plus verte.

Mais voilà. Tout le monde n’est pas comme moi.

La serveuse, d’une patience proche du niveau des océans lorsque tous les glaciers auront fondu, lui répondait, gentiment, attentionnée, le poulet et ben il est au poulet, la tomate c’est de la tomate, le pain viennois du pain qui vient de Vienne direct par EasyJet (aaaaaaah, Christelle Pajani sort de ce corps !!!)… Je reprends (la serveuse reprend…) : le pain viennois oui, c’est un peu plus souple qu’une baguette, celle ci oui, elle est grainée…

Enfin bon, là aussi je vous la fais court parce que sans hésiter et sans attendre, cette serveuse doit se retrouver au Paradis. C’est sûr.

Je le lui dis.

Puisqu’elle me sert lorsqu’arrive mon tour…

Je lui dis « vous irez au Paradis, vous ! Vous êtes admirable. D’une patience folle. Vraiment incroyable…

Elle pleure.

Je n’ai pas le temps de terminer ma phrase qu’elle pleure.

Je me liquéfie.

« -Je suis désolée, loin de moi l’idée de vous faire pleurer, c’était un vrai compliment, votre patron doit être fier de vous, vraiment…

– Il me garde pas. »

😯😱😱😱😡😡😡

À tous mes amis,

À tous les amis de mes amis,

Si quelqu’un connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un qui cherche une femme adorable pour servir du pain, des sandwichs, des salades, des gâteaux… de la plus adorable des manières, qu’il ne cherche plus.

Cette personne est disponible.

Elle s’appelle Maryse. C’est joli, Maryse. C’est un prénom avec un i grec. Un prénom qui à lui seul est un voyage…

18 octobre 2017

C’est un secret pour personne, l’automne arrive, les jours raccourcissent, on commence à rentrer du bois pour l’hiver et à ressortir les doudounes.

Mais ce week-end, il faisait un temps d’été. Encore. Encore un peu. Juste encore un peu. Un temps à profiter de ce soleil qui s’attarde à la chaleur d’une terrasse de café.
À Arles.
Pourquoi pas à Arles.
Tiens, oui, allons à Arles profiter de la chaleur de l’été, encore.
Dimanche et lundi à Arles.

Sauf que voilà.
Allez donc à Arles un dimanche et lundi d’arrière saison…
Tout est fermé.
Les boutiques sont fermées.
Les rideaux de fer sont baissés.
Les vitrines sont vidées.
Les appartements sont fermés.
Les volets sont tirés.
Les glaciers sont fermés.
Les rues sont désertes.
Les saisonniers sont loin.
Sur les portes, c’est écrit « fermé dimanche et lundi » mais on voit bien à la poussière sur la vitrine que depuis des lustres, il n’y a plus eu d’autres jours dans la semaine que des dimanches et des lundis.
Les arènes sont à moitié effondrées.
Personne n’assiste au spectacle.
D’ailleurs il n’y a plus de spectacles.
L’eau de la piscine, même chauffée, refroidit.
Le restaurant de d’habitude est fermé.
Christian Lacroix a pris ses quartiers d’hiver sous d’autres cieux.
Les pigeons ont élu domicile sur la statue de Frederic Mistral.
Les musiciens de rue n’ont rien dans leurs gobelets.
Parfois quelqu’un nous croise, il hâte le pas, il faut rentrer il va faire nuit.
On entend siffler le mistral dans les rues. On remonte son col. On boirait bien un café.
Ah ah ah ah ah ah ah !!!!
J’ai dit « on boirait bien un café ».
AH AH AH AH AH AH AH !!!!

Même le café est fermé. À présent, lundi, mardi, mercredi et jeudi, le café est fermé.

Finalement, on aurait mieux fait de rester à Annecy. Ici, encore, il y a des cafés. Encore. Pour encore un peu de temps. Juste encore un peu de temps.

Karine, Patrice, nous sommes avec vous.

18 octobre 2017

Anecdote du soir, désespoir… :

Il m’a fallu un temps dingue pour comprendre une blague de Nabilla. Enfin, quand je dis une blague, en fait, c’en n’était pas une. Je veux dire « venant d’elle, c’était juste une répartie ». Enfin, je veux dire « venant d’elle, c’était juste une réponse ».
Bref.

Ils sont quelques uns dans une voiture. Je n’sais ni qui ils sont, ni d’où ils viennent, ni où ils vont. Désolée. Je serais nulle pour un interrogatoire de flics. J’ai juste compris que je regardais un extrait genre « bêtisier ». Voilà pourquoi j’ai parlé d’ « une blague de Nabilla ».

Il y en a un qui dit en parlant du lieu où ils sont (j’imagine…) :

  • « c’est la mecque des surfeurs. »

Alors moi, je comprends qu’ils sont à Malibu Lagoon, à Puerto Escondido, à Hawaii ou bien à Biarritz…

Mais Nabilla me tire de ma réflexion lorsqu’elle répond à l’idiot qui vient de parler :
-« ils sont pas forcément musulmans. »

😧😧😧
À part ça, je lis un livre passionnant, heureusement. Une histoire en trois temps, trois personnages, trois lieux. Il ne parle ni de cheveux, ni de femmes, mais d’abeilles. C’est une histoire des abeilles et son prénom, c’est pas une blague (pas même de Nabilla).

16 octobre 2017

Je viens d’acheter une nouvelle Librairie. J’hésite à changer le store… 😄😄😄

10 octobre 2017

Parfois la vie c’est simple.
Et parfois pas… 😄😄😄

4 octobre 2017

Anecdote d’un matin à la Librairie :

« Que sont 18 euro par rapport à 700 ? »

Voilà ce qu’elle me dit en sortant de la Librairie. Tout de suite, là comme ça, je sais pas vraiment calculer. J’ai pas fait un Bac S, j’ai jamais joué aux Chiffres et aux Lettres en compétition, alors 18 euro par rapport à 700, je sèche.

Et il est bien là le problème. Parce qu’en fait, elle a passé La Tresse à la machine à laver. Avec sa couette.

Une vraie histoire de cheveux.

Jusqu’au bout, une histoire de cheveux… 😄

C’est pas tant quand le tambour tourne que ça pose problème. Elle a une machine à ouverture sur le dessus. Alors elle ne voit rien. La couette, La Tresse, tout ça s’débrouille.

Mais quand elle ouvre et qu’elle voit tous ces minuscules bouts de papier collés sur sa couette et qu’elle se demande ce que c’est que ce bazar et qu’elle sort sa couette et qu’il y en a partout vraiment partout mais alors partout partout partout (C’est elle qui raconte. Je sens bien à la répétition qu’elle est encore sous le choc. Loin de moi l’idée de l’interrompre, elle est encore à un cheveu de l’évanouissement)…

Donc il y a de minuscules morceaux de papier mâché sur sa couette, collés. Des milliards.

Là c’est sûr que toutes celles et ceux qui ont déjà pourris leurs mômes pour avoir oublié un mouchoir en papier dans une poche de jean, la comprennent.

Elle finit de sortir la couette. Et qu’est ce qu’elle trouve emmêlé dans une taie d’oreiller ? La fine pellicule de plastique qui rendait brillante la couverture de La Tresse, et la reliure. Un pauvre centimètre de reliure. Comme un trognon de livre.

La rage passée et l’idée qu’elle aurait pu flinguer sa machine à laver, en boucher le système d’évacuation, inonder sa buanderie, inonder par la même l’appartement de sa voisine du dessous et la ville entière… elle s’apaise.

Elle jette sa couette.

Elle vient racheter La Tresse : 18 euro.

Elle garde sa machine à laver : 700 euro.

Finalement, Voltaire a raison. Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.

NB : Laetitia Colombani, si vous pouviez penser à une version amphibie pour le prochain roman, ce serait cool pour elle. Parce qu’elle adore lire au lit. Alors quand elle change sa couette, forcément, si elle oublie son bouquin…

NB encore : Laetitia Colombani sera au Bistro des Tilleuls le 30 novembre, dès 19h30, pour une rencontre Histoire d’en Parler.

14 septembre 2017

Anecdote d’un arrêt au café :
Bon. Voilà. Ce matin, je ne voulais pas aller au café. Du boulot par dessus la tête, des livraisons à n’en plus finir, des mails à traiter.
Bref. Je me suis arrêtée au café. Une bonne résolution est faite pour passer outre au plus vite.

Et c’est là que je les ai rencontrés. L’un est retraité depuis début août. À l’autre, il reste 7 ans. Ils refont le monde. Enfin, pour être exacte, s’ils gagnent 13 millions à l’Euro Million, voilà comment ils referaient le monde. Je vous passe les détails, d’autant qu’on arrive rapidement à l’essentiel :
« Un million. Tu peux bien me donner un million. Juste un. Ça te ferait pas boiter… ».
Ben non, c’est vrai que ça ne le ferait pas boiter. D’autant que c’est celui qui est à la retraite. Alors, au pire.. même s’il devait boiter, il n’a plus besoin d’aller bosser 😄😄😄 (Bon d’accord, mon humour est limite…).

Bref. Millionnaire ou pas, d’ailleurs on apprendra plus tard qu’il n’a même pas joué, ils embrayent sur la Loi Travail. Puis sur le parachute doré avec lequel est parti son patron. Je vous l’donne en mille (d’ailleurs c’est pas des milles mais des millions) : une maison au bord du lac à Veyrier et 80 000 000 d’euro (je l’ai écrit en chiffres parce que ça claque plus qu’en lettres).

Alors moi jme dis… il rêve de gagner 13 millions à l’Euro Million. Et puis il parle de son patron qui est encore plus blinder de pognon. Et alors que je réfléchis à tout ça, il dévie encore, sautant ainsi du coq à l’âne, et embraye sur son week-end de pêche avec son pote « jamais j’avais le temps, avant. Depuis août, j’peux te dire que je fais tous les concours de pêche !! » Il raconte aussi la chorale et ses petits enfants, aller les chercher à l’école, sa femme et ses confitures… « Je suis BIEN à la retraite, tu peux pas savoir ! Je changerais ma vie pour rien au monde. »
Je vois son sourire… ☺️

Alors j’ose :
« Et si vous les gagnez, les 13 millions… ? »
« Ah ah ah ah AH AH AH AH AH !!!! J’lui donne !!!! »

7 septembre 2017

Anecdote d’un après midi nuageux :

Il rentre. Il est beau comme un Dieu. Enfin, si tant est que Dieu a le look d’un surfeur, les cheveux longs blonds attachés négligemment, l’Afrique qui lui soleille la peau depuis au moins le début de l’été, une voix légèrement rocailleuse et une mâchoire qui rendrait pauvre un dentiste et sa femme prothésiste.
J’aurais mis ma main à couper et au feu dans la même phrase et parié la Banque De France qu’il choisirait Jerusalem. Sans hésiter.
Et il a choisit Jérusalem. Demain c’est sûr, je joue au loto.

PS : la photo, c’est Alan Moore himself, hein, pas mon visiteur playboy…

6 septembre 2017

Ma vie de libraire :

(Remerciements en fin de post…)

Avant, je veux dire, jusqu’à juin 2017, la carte M’ra, c’était top.

Je ne vous apprends rien, nous payons nos impôts chaque année, et une partie de ces impôts sert à nos lycéens par le biais de cette carte M’ra. Comprenez : « M », comme je n’sais pas quoi et « ´ra » comme Rhône Alpes. 

Je ne vous apprends rien non plus (et surtout pas à Jérémy Fel), depuis quelques temps, nous avons à la tête de notre Région un certain Laurent Wauquiez, lequel se dit ravi-ravi que le Puy soit rattaché à Annecy. On voudrait être ravis pour lui, voire comme lui. Non non, c’est vrai, on voudrait. Mais voilà, la vie c’est pas toujours comme on voudrait.

Bref.

La carte M’ra, ça marchait bien. Le lycéen venait à la Librairie, achetait ses livres et payait avec sa carte, créditée par la Région Rhône-Alpes (pas des milliards, hein, juste 8 euro pour ses livres « loisir », 100 euro pour ses manuels scolaires. Pas mal quand même !). Le libraire, en l’occurrence, moi, la libraire, armée de la-dite carte et du terminal de paiement, insérait l’une dans l’autre, notait le montant à débiter (5,10 euro pour L’œuvre de Zola et 3 euro pour Boule de Suif, soit 8,10 euro), une validation, et le ticket sort, le tour est joué, tout l’monde a compris, ça prend en tout et pour tout 5 secondes parce que je traine un peu.

Mais ça, c’était avant.

Je veux dire : avant juin 2017.

Je précise : avant que Laurent Wauquiez se dise « tiens, si je révolutionnais un truc qui fonctionne hyper bien ».

J’insiste : « avant qu’on remarque que systématiquement, si le nouveau ministre de l’éducation n’envoie pas les étudiants dans la rue à chaque rentrée, qu’on ne hurle pas « Devaquet, si tu savais, ta réforme, ta réforme… », et ben Wauquiez il est pas content.

Wauquiez il veut changer.

Harmoniser.

Et il a raison.

J’explique… :

En Rhône-Alpes, nous avons un système qui fonctionne bien, parfaitement, même. La carte M’ra.

En Auvergne il n’y a rien.

Harmonisons donc de suite en inventant une usine à gaz qui ne fonctionne pas !!! Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, hein, je vous l’demande ???

Donc.

Cette rentrée…

La carte M’ra devient la Carte « Pass Région ». 

Le terminal de paiement n’existe plus. À présent, il faut se connecter à internet, sur le site de la Région Rhône Alpes Auvergne.

Ensuite vous allez ouvrir le lien « vous êtes partenaire ».

Puis vous notez votre numéro adhérent. Et votre mot de passe.

Ce qui ouvre une fenêtre avec tout un tas de propositions. Longues comme un jour sans pain, les propositions. Perdez pas de temps à les lire parce que quand vous avez tout lu, le temps a expiré et il faut vous réidentifier.

Vous cliquez sur la fenêtre « enregistrer une transaction » (ou une proposition du genre ; j’ai pas lu jusqu’au bout, je suis pas maso quand même…)

Une fenêtre s’ouvre.

Vous prenez la carte Pass Région du lycéen qui attend devant vous depuis 1/4 d’heure (réveillez le en douceur, il s’était endormi, faut le comprendre…).

Sur cette carte, si vous avez des lunettes qui font loupe, vous lisez le numéro de Dossier du lycéen. Vous l’écrivez dans la première case.

Tant que votre lycéen est réveillé, vous lui demandez sa date de naissance que vous inscrivez dans la deuxième case. Et vous validez. Normalement ça ouvre un menu déroulant qui vous renseigne sur l’état civil du lycéen. Sauf lorsque la mère d’Alexia a déclaré lors de l’inscription que sa fille était née le 28 mars 2012. Parce que là, ça marche pas (« Madame, il faut qu’on parle… Votre fille est certes, hyper intelligente, mais avoir 5 ans et rentrer en classe de seconde, non, vraiment, c’est un peu exagéré… »)

Lorsque vous êtes face au menu déroulant vous cliquez sur « Livres loisir ». Ce qui ouvre un autre onglet sur lequel apparaissent les 8 euros offerts par la Région. Vous inscrivez dans la case 8,10 euro (5,10 + 3 euro). On vous demande de confirmer. Vous confirmez. La transaction est enregistrée. Voulez vous l’imprimer ?

Naaaaaaaaaaaaaaaaan !!!! Je veux pas l’imprimer !!!! En êtes vous sûre ? Ouiiiiiii, j’en suis sûre !!!! Ça fait une heure que j’attends de finir cette manip’ alors c’est bon, je n’vais pas en plus y passer une ramette de papier !!!!

À présent, c’est bon, vous pouvez réveiller votre lycéen, qui s’était de nouveau endormi, vous le priez de vous excuser, lui expliquez que c’est un peu long, que l’année dernière ça allait plus vite mais que le système vient de changer.

C’est à ce moment-là qu’il vous lâche d’un ton méprisant « ah ouais c’était mieux avant…😜 ».

Vous comprenez bien qu’il vous prend pour une vieille réac qui va pas de l’avant alors que ça fait une heure qu’il dort ! Il a beau jeu avec sa bave encore au bord des lèvres de vous laisser penser que ce qui est dur dans le changement c’est le changement.

N’empêche que c’est toi, mon gars, à présent qui va te cogner L’assommoir.

Alors à ta question « au fait, M’dame, c’est comment L’assommoir ? »…

Et ben c’est a-sso-mant, jte dis !!! L’enfer !!! Le livre le plus long et pénible que j’ai jamais lu. Je te plains, tu peux pas imaginer !!! »

Ps : merci infiniment à la centaine de lycéens du jour, à chacun de vous, vraiment, pour votre patience, votre humour, vos conversations en toute indiscrétion, vos remarques et réflexions sur la vie, la vôtre, celle qui parfois nous échappe (à nous, les vieux… 😉😄😄). Merci 🙏

3 septembre 2017

C’est décidé, je pars.

Anecdotes d'avant