4 Mai 2018

Dans tous les aéroports du monde, il y a des pleurs et des effusions.

2 Mai 2018

Anecdote de ma pause déjeuner :

Elles viennent de s’installer juste à côté de moi, au café.

« – Il fait quoi dans la vie ?

– Il est ssssstatissssticien.

Quand elle dit ça on voit bien qu’il y a beaucoup trop de s pour elle. On aurait presque un peu de temps pour compatir mais voilà que sa copine essaie de poursuivre sans s’appesantir… « A quel endroit ? » Bon ben il manquait que ça 😳😩😩 « A l’Urssaf… » L’autre ne sait plus comment faire pour sortir sa pote de l’embarras. D’un coup (le lieu est petit, intime, cosy à mort), la température monte avec le rouge de ses joues. La pote délicate ouvre la fenêtre, l’air de rien. La rouge rosit. Son téléphone sonne. Nouvelle diversion. Manque de bol on lui demande où elle est.. « A Annessssssy », elle répond.

Je ne sais pas ce que je trouve le plus charmant, ce léger cheveux sur la langue ou ce qu’elle raconte de cet homme pour lequel elle commence d’en pinssssser, cette rencontre récente et naissante, ssses yeux qui pétillent d’étincelles, et l’énergie qu’il mettra bientôt à caresser de sa langue, ce cheveux.

12 avril 2018

Anecdote d’un après midi à la boutique :

Alors que j’écoute Chopin depuis quelques jours, une dame (qui par ailleurs choisit le dernier roman de Foenkinos que j’ai aimé et dont je n’ai pas fini de vous parler) me dit d’un ton plein de reproches « rhoooo là là c’est triiiiiiiste ce que vous écoutez c’est quoi ? On dirait une musique d’enterrement. On enterre quelqu’un ? »

Jacques Higelin, Madame. 

On enterre Jacques Higelin. 

Je ne le connaissais pas intimement, mais je ne suis pas certaine qu’il aurait apprécié Tata Yoyo pour marche funèbre.

13 mars 2018

Anecdote d’un après midi à la librairie :

Elle me demande quelques romans qu’elle a repérés dans des magazines. Evidemment tout est tellement bien rangé ici qu’il y en a un que je devrais trouver mais sur lequel je ne parviens à mettre ni les yeux ni la main. 

Alors elle finit par me dire (parce qu’elle voit bien que je me maudis d’être si désorganisée pour ne pas dire carrément bordélique) que ce n’est pas grave, qu’elle peut patienter le temps que je le retrouve, que j’en reçoive de nouveau, que l’alignement des planètes me donne une meilleure vision de l’organisation spatiale de ces foutus bouquins dans cette foutue boutique… Mais je suis têtue. Je m’évertue. Elle craint que dans quelques secondes je ne sois abattue alors elle me glisse, pour que je comprenne que ce n’est pas grave, que je peux lâcher l’affaire :

« Vous avez vu c’que j’ai encore sur ma table de nuit.. !! »

😳😱😱

Je tiens à préciser ici et à la face du monde, au cas où des oreilles indiscrètes (et il y en avait je les ai vues) propagent des rumeurs que je ne pourrais endiguer, que non. Je ne sais pas ce que cette dame (charmante par ailleurs) a sur sa table de nuit. Je suis d’accord pour l’imaginer, si l’on m’explique, si l’on évoque l’incommensurable, si l’on me confie le besoin d’avoir devant soi, d’être entouré, cerné, protégé. 

Mais non, je n’ai pas vu. 

Et j’ai, bien entendu, retrouvé ce « Giboulées de soleil » à peine elle avait passé la porte…

24 février 2018

Anecdote d’un après midi à la Librairie que j’aimerais ne jamais revivre :

Je vous épargnerai le quart d’heure d’enfer que je viens de vivre ; il faudra me croire sur parole. 

Mais je vous assure que je comprends parfaitement que les hommes qui ont rencontré cette femme soient restés célibataires pour 4 générations à venir. Jusqu’à ce que la mémoire familiale s’éteigne…

16 janvier 2018

Anecdote du soir :

Je viens de recevoir un message via Messenger. Ça m’a l’air grave… 😱😱😱.

« Christelle, je dois reconnaître que je vous aimais bien au début. Peut-être, aurais-je dû me méfier de cette lueur dans vos yeux, de ce sourire passionné, de cette caverne d’Ali baba débordante de livres … Peut-être, oui…

Parce que c’est vous que j’accuse ! Vous qui avez arrangé le premier rendez-vous de ma femme avec lui. Un simple SMS, suffisamment ambigu pour qu’il passe inaperçu dans le flot des communications instantanées et inutiles de notre époque : « Il est arrivé, il vous attend ». J’aurais dû remarquer l’agitation de mon épouse, son empressement à remiser son ouvrage, à se faire belle, à se parfumer… J’aurais dû. Oui. C’est plus facile à posteriori, bien sûr, d’assembler tous ces minuscules détails qui aujourd’hui prennent toute leur signification. Elle est partie vous retrouver donc ; je ne m’en suis pas offusqué, j’avais confiance en elle, j’avais confiance en vous. C’est peut-être ma plus grande faiblesse : croire en la nature humaine, en son essence fondamentalement sincère et charitable. Comment pouvais-je imaginer qu’elle avait en fait rendez-vous avec lui ? Comment aurais-je pu prévoir qu’elle allait passer des heures avec lui alanguie sur toutes sortes de canapés, sirotant un thé dans un bar sans âme ou même lovée dans notre lit bien au chaud sous une couette épaisse ? Oui c’est à cause de vous que tout est arrivé. La semaine puis le week-end, le matin, à midi ou le soir. Elle l’a fait entrer dans notre maison à mon insu d’abord puis ouvertement. Il s’est installé entre elle et moi, sans vergogne, sans aucune gêne. Elle le dévorait des yeux pendant que j’étais là, à quelques mètres d’eux dans la même pièce. Ils passaient des heures ensemble, lui sur ses genoux, elle le caressant. Ils étaient encore ensemble lorsque je m’endormais. C’est vers lui qu’elle se tournait d’abord quand elle se réveillait. Ces derniers jours furent épouvantables. Je n’existait pour ainsi dire plus et ce qui devait arriver arriva : ce soir, je suis seul.

Ma femme est partie avec lui.

Il tenait à lui présenter son père ; elle n’a pas hésité longtemps, elle a compté jusqu’à quatre, comme un compte à rebours. Ils ont pris le train tous les deux pour Lyon. Ils vont probablement passer la nuit ensemble chez une amie.

Tout est arrivé à cause de vous.

Christelle, je dois reconnaître que je vous aimais bien au début… mais je déteste la sortie d’un nouveau livre de Paul Auster. »

9 janvier 2018

Cet homme aime M.

Et tout dire, c’est ça :

(La première qui me répond qu’elle ne craque pas, c’est :

1 – qu’elle ne sait pas lire.

2 – qu’elle est aveugle (je ne suis pas poétesse en passe de faire une performance dans les sous sols de Beaubourg pour l’Ircam mais je peux le lire à voix haute. Suffit d’me demander.)

3 – qu’elle est d’une totale mauvaise foi.

Pour les aveugles de totale mauvaise foi qui ne savent pas lire, je peux trouver une grand mère qui n’a sur elle qu’un billet de 500 euro ; elle ne leur achètera rien et le tour est joué.)

Donc, le propos était :  » Tout dire c’est ça » :

… « Comme si M m’avait tailladé les veines. Y avait jeté un mystère, du vent, des rires d’enfants, la haute mer, des quartiers chauds, un lac, une clairière, les équations de la physique quantique, toute la flore terrestre, une jungle, la joie et la tristesse du monde mêlées, des cloches, ding dong. J’ai envie d’éclater de rire. Tout rit aux éclats en moi. Il y a trois heures je ne savais pas qu’elle existait ; et voici que la vie ou je ne sais quoi de céleste vient de me l’envoyer. À moi nommément. »

C’est beau, n’ai je pas raison ?

Grégoire Bouillier

Le Dossier M

Ed Flammarion.

Annecy 15 Janvier 19h30.

Bistro des Tilleuls.

Hachtagsoyezpasenretard

23 novembre 2017

Noël, J moins presque rien. On dirait bien que cette année, il manque des jours à cette fin d’année !!

Alors voilà une vitrine + une autre avant la 🌧, enfin… je veux dire avant le 🌲 et puis aussi avant le ⛷ou le 🏂 et puis surtout avant le déballage des 🎁🎁🎁🎁🎁, une fois qu’on aura dévoré le 🍰 et aussi la 🍧 et les 🍪 et que tonton aura sifflé le 🥂, et encore le 🥂, et toujours le 🥂…

Et alors les cadeaux, ce s’ra quoi ?

Des ⛸ pour un week end sur la patinoire de Saint Petersbourg ?

Des 🕶 pour une semaine aux Bahamas ?

Une 📺 regarder « La soupe aux choux » (le soir de Noël, c’est touuuujours les films qu’on a déjà vu mille fois) ?

Une 🏝 au large de l’Argentine ? Si si, il suffit d’un graaaaaaand carton…

Des 👠 de bal pour voler le Prince Charmant  de Cendrillon ?…

Et ben non !!!

Des 📘📙📗📕 !!! 😉😄😄😄

24 octobre 2017

Une anecdote de pause déjeuner… :

Mon Dieu, pardonnez moi, j’ai pêché… Voilà ce qu’on dit dans les films, non ? Alors moi j’ai pas pêché mais j’ai un mal de coeur terrible. Je viens de faire pleurer une dame qui semble gentille, un truc dingue. C’est elle qui servait les sandwichs là où je suis venue chercher une salade. Juste devant moi, une dame commandait un sandwich.

Attention, c’est parti… :

Monologue !!! :

– « Mais non, pas celui là, c’est du pain viennois non ? Et là il y a des tomates ? Non mais je vais prendre celui au jambon. C’est du poulet dans celui là ? Oui mais du poulet comment ? Du poulet… ? Et là c’est une baguette avec du pain comment ? Il est complet aussi dans celui au jambon ? »

Ca a duré 5 minutes montre en main, je vous fais grâce du reste, c’est insupportable. Moi, je lui aurais fait bouffer l’intégralité des sandwichs présents sur la banque (et Dieu sait s’il y en avait) juste pour qu’elle prenne sa quiche (parce qu’au final elle a pris une quiche) (elle a pris aussi son chien qui aboyait dehors depuis une heure) et qu’elle aille voir ailleurs comme l’herbe est plus verte.

Mais voilà. Tout le monde n’est pas comme moi.

La serveuse, d’une patience proche du niveau des océans lorsque tous les glaciers auront fondu, lui répondait, gentiment, attentionnée, le poulet et ben il est au poulet, la tomate c’est de la tomate, le pain viennois du pain qui vient de Vienne direct par EasyJet (aaaaaaah, Christelle Pajani sort de ce corps !!!)… Je reprends (la serveuse reprend…) : le pain viennois oui, c’est un peu plus souple qu’une baguette, celle ci oui, elle est grainée…

Enfin bon, là aussi je vous la fais court parce que sans hésiter et sans attendre, cette serveuse doit se retrouver au Paradis. C’est sûr.

Je le lui dis.

Puisqu’elle me sert lorsqu’arrive mon tour…

Je lui dis « vous irez au Paradis, vous ! Vous êtes admirable. D’une patience folle. Vraiment incroyable…

Elle pleure.

Je n’ai pas le temps de terminer ma phrase qu’elle pleure.

Je me liquéfie.

« -Je suis désolée, loin de moi l’idée de vous faire pleurer, c’était un vrai compliment, votre patron doit être fier de vous, vraiment…

– Il me garde pas. »

😯😱😱😱😡😡😡

À tous mes amis,

À tous les amis de mes amis,

Si quelqu’un connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un qui cherche une femme adorable pour servir du pain, des sandwichs, des salades, des gâteaux… de la plus adorable des manières, qu’il ne cherche plus.

Cette personne est disponible.

Elle s’appelle Maryse. C’est joli, Maryse. C’est un prénom avec un i grec. Un prénom qui à lui seul est un voyage…

4 octobre 2017

Anecdote d’un matin à la Librairie :

« Que sont 18 euro par rapport à 700 ? »

Voilà ce qu’elle me dit en sortant de la Librairie. Tout de suite, là comme ça, je sais pas vraiment calculer. J’ai pas fait un Bac S, j’ai jamais joué aux Chiffres et aux Lettres en compétition, alors 18 euro par rapport à 700, je sèche.

Et il est bien là le problème. Parce qu’en fait, elle a passé La Tresse à la machine à laver. Avec sa couette.

Une vraie histoire de cheveux.

Jusqu’au bout, une histoire de cheveux… 😄

C’est pas tant quand le tambour tourne que ça pose problème. Elle a une machine à ouverture sur le dessus. Alors elle ne voit rien. La couette, La Tresse, tout ça s’débrouille.

Mais quand elle ouvre et qu’elle voit tous ces minuscules bouts de papier collés sur sa couette et qu’elle se demande ce que c’est que ce bazar et qu’elle sort sa couette et qu’il y en a partout vraiment partout mais alors partout partout partout (C’est elle qui raconte. Je sens bien à la répétition qu’elle est encore sous le choc. Loin de moi l’idée de l’interrompre, elle est encore à un cheveu de l’évanouissement)…

Donc il y a de minuscules morceaux de papier mâché sur sa couette, collés. Des milliards.

Là c’est sûr que toutes celles et ceux qui ont déjà pourris leurs mômes pour avoir oublié un mouchoir en papier dans une poche de jean, la comprennent.

Elle finit de sortir la couette. Et qu’est ce qu’elle trouve emmêlé dans une taie d’oreiller ? La fine pellicule de plastique qui rendait brillante la couverture de La Tresse, et la reliure. Un pauvre centimètre de reliure. Comme un trognon de livre.

La rage passée et l’idée qu’elle aurait pu flinguer sa machine à laver, en boucher le système d’évacuation, inonder sa buanderie, inonder par la même l’appartement de sa voisine du dessous et la ville entière… elle s’apaise.

Elle jette sa couette.

Elle vient racheter La Tresse : 18 euro.

Elle garde sa machine à laver : 700 euro.

Finalement, Voltaire a raison. Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.

NB : Laetitia Colombani, si vous pouviez penser à une version amphibie pour le prochain roman, ce serait cool pour elle. Parce qu’elle adore lire au lit. Alors quand elle change sa couette, forcément, si elle oublie son bouquin…

NB encore : Laetitia Colombani sera au Bistro des Tilleuls le 30 novembre, dès 19h30, pour une rencontre Histoire d’en Parler.

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