« Laissez parler les p'tits papiers, à l'occasion papier chiffon, puissent-il un soir papier buvard, vous consoler. »   Serge Gainsbourg

Nos coups de cœur

 

 

« On peut juger de la beauté d’un livre, à la vigueur des coups de poing qu’il vous a donnés et à la longueur de temps qu’on met ensuite à en revenir. »
Flaubert…

 

Vous pensiez qu’Harper Lee n’avait écrit que ce roman :

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur Harper Lee Jeune jean seberg 009Harper Lee JeuneNe tirez pas sur l'oiseau moqueur

Et bien non.

Lorsque dans les années 60, Harper Lee remet son manuscrit à son éditeur, elle a écrit l’histoire de Jean Louise, jeune femme qui vit depuis quelques années à New York. Elle revient pour quelques jours à Maycomb, là où elle a grandit, pour retrouver Atticus, son père, vieux et malade. Mais nous sommes en pleine ségrégation raciale et le père qu’elle retrouve n’a rien de commun avec l’avocat défenseur de la cause des noirs qu’il a été et dont elle était si fière.

Va et poste une sentinelle Harper Lee Aujourd'huioctobre 2015 001Harper Lee Aujourd'huiVa et poste une sentinelle

octobre 2015 002 octobre 2015 003 octobre 2015 004 octobre 2015 006 octobre 2015 007

Maman, comment on fait les bébés ?

Soledad Bravi

Ecole des Loisirs

Comment on fait les bébés 030Comment on fait les bébés 031Comment on fait les bébés 032Comment on fait les bébés 033Comment on fait les bébés 034Comment on fait les bébés 035Comment on fait les bébés 024Comment on fait les bébés 025Comment on fait les bébés 026Comment on fait les bébés 027

 

Un amour impossible

AngotUn amour impossibleAngot Christine

Christine Angot

Editions Flammarion

Christine Angot, c’est un peu la Bonnie and Clyde de la littérature française. « Qu’est ce qu’on n’a pas écrit sur elle et elle, on prétend que… » Elle passera dans tous les médias, y compris ceux que l’on n’a pas encore référencés et elle sera l’objet de toutes les attaques parce qu’il faut se faire une raison, elle n’a pas beaucoup d’amis. Me croirez vous si je vous dis que même si elle est championne du monde de l’autofiction, elle écrit là un roman exceptionnel sur la filiation, sur les relations amoureuses, sur l’enfance… sur la vie, quoi ! Celle que l’on connaît tous, un roman universel. Son atout majeur, c’est qu’elle, elle trouve les mots justes.

La septième fonction du langage

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Laurent Binet

Editions Grasset

Un livre incontournable de la rentrée littéraire. Deux anecdotes sur ce livre, vous n’en retiendrez aucunes, elles sont et l’une et l’autre sans aucun intérêt. La première : Roland Barthes est né en 1915, vous comptez bien, il aurait 100 ans. Hermès célèbre l’événement en créant un nouveau carré parce que, accrochez vous bien, Roland Barthes étant LE spécialiste de la sémiologie, il s’est intéressé aux signes (par définition) non seulement dans le langage mais aussi dans la vie quotidienne et donc dans le vêtement. Vous suivez ? Dans le vêtement, donc Hermès crée un nouveau carré… CQFD. Inutile donc de retenir cette première anecdote, à moins d’être dingue des carrés Hermès ET de Roland Barthes, auquel cas, vous courez chez Hermès, à Genève, je pense qu’ils en ont. Deuxième anecdote tout aussi dénuée d’intérêt, à part si vous voulez briller en société et pouvoir répondre du tac au tac à une question dont personne ne connaîtra la réponse à part vous puisque je vous donne là un moyen mnémotechnique infaillible pour vous souvenir de la date de la mort de Roland Barthes (accrochez vous toujours), un peu comme vous vous souvenez de la date de naissance de Victor Hugo avec « ce siècle avait deux ans ». Bref, la date de sa mort, « mon frère avait 10 ans », voilà. Je vous le disais : aucun intérêt pour cette deuxième anecdote, sauf pour mon frère puisqu’il ouvrait sans doute de chouettes cadeaux sous mes yeux envieux, c’était le 25 février 1980.
Une seule chose à retenir : Lisez « La septième fonction du langage », c’est délicieux parce qu’on le dévore !!

Prête à toutmaynard

Joyce Maynard

Editions Philippe Rey

Si je devais résumer ce premier Joyce Mayanard que je lis (oui, je sais, c’est une erreur, mais moi, au moins, j’ai le bonheur de les avoir encore tous à lire alors que vous, qui me raillez, vous devez attendre que les prochains paraissent et attendre, des fois, c’est loooong !),  je dirais qu’elle est prête à tout pour réussir. Facile… N’empêche que c’est un bon résumé ! L’Editeur a noté « Page Turner » sur le bandeau. C’est un bon résumé aussi. Vous en dire davantage ? Cette Suzy dont il est question, c’est un peu Martine à la plage, Martine à la montagne…, un peu cette petite fille parfaite que l’on a tous connue, jolie, intelligente, drôle, pertinente, celle qui est toujours la plus chouette de la photo de classe alors que vous, vous êtes toujours de travers lorsque le photographe déclenche son appareil, celle que secrètement vous avez enviée, pour ses belles fringues, son sourire, le regard des garçons, même si c’est vrai, elle n’était pas la plus douée en sport, au collège. Elle est quand même celle que vous auriez voulu être. Mais heureusement, parce que ça c’est rassurant quand même, vous n’êtes pas devenue elle. Et c’est elle à présent qui se retrouve interrogée par les flics parce qu’elle a fait tuer son mari. Tellement prête à tout pour réussir qu’elle était, il a bien fallu qu’elle supprime le gêneur ! C’est donc elle qui se prépare un avenir à l’ombre… Et bien je dois dire que c’est plutôt jouissif de lire ces dépositions successives des témoins de la scène. Comme si cette justice revenue rendait enfin à César ce qui est à César, et à nous le bonheur d’une vie simple, au soleil et dans les bras de not’fiancé.

Une vie après l’autremai 2015 006

Kate Atkinson

Editions Grasset

Si le chemin que l’on prend a des implications sur nos vies, celui que l’on n’a pas pris en a certainement aussi en nous éloignant d’une autre vie. Mille fois traité en BD (que ceux qui pensent que leurs enfants ne lisent pas, puisqu’ils ne lisent QUE de la BD, se ruent dans la première librairie qu’ils ont sous la main pour acheter sans plus tarder « L’alternative »…) ce thème de l’alternative est diablement bien exploré ici par Atkinson. Ursula naît le 11 février 1910. Elle meurt quelques minutes plus tard, le cordon ombilical entouré autour de son cou, le médecin n’a pas eu le temps d’arriver. Ursula naît le 11 février 1910. Elle meurt quelques années plus tard, noyée. Ursula naît le 11 février 1910. Elle meurt après avoir tué Hitler… Lisez « Une vie après l’autre » mais gardez en tête que si vous ne le faites pas, votre vie prendra un tournant différent.

mai 2015 001Les quatre saisons de l’été

Grégoire Delacourt

Editions Lattès

Bon, il est comment le dernier Delacourt ? Si je vous dis qu’il m’a foutu un blues terrible… Oui, j’en suis sortie un peu lessivée, un brin morose, des histoires d’amour qui commencent mal, qui ne s’installent pas, des désillusions, des regrets, quelques remords, des claques que l’on prend alors qu’on est sincère mais comment, dites-moi, peut-on faire du mal aux gens sincères ?? Un bouquin qui vout met le bourdon, voilà ce que j’ai pensé en le posant. Et puis il a agi façon homéopathie, en douce, pour refaire surface dans ma pile de bons bouquins. De ceux qui laissent des traces.

La vérité et autres mensongesNouveautés 002

Sacha Arango

Editions Albin Michel

La météo est pourrie ce week end, rien de tel qu’un bon thriller. Que dis-je ? Un polar. Quoique. Faisons court : un bouquin que l’on n’a pas envie de lâcher et qui nous fait oublier l’heure du repas et  la sortie dominicale à la messe. De toutes façons, les temps sont à la désertion des églises si l’on en croit les dernières études sur la pratique des religions. N’ayez donc aucun scrupule à vous laisser entrainer dans ce suspens machiavélique. Même si tout compte fait la météo s’arrange et qu’une virée au soleil vous aurait tentée. Henry Hayden est un auteur de Best Sellers. Il a un charme dingue, une classe folle. Epoux parfait qui s’affiche sur les photos avec sa femme Martha, sa si délicieuse épouse et leur chien Poncho, photo clichée du parfait petit couple que rien jamais ne mettra par terre. Ils ont une baraque à tomber, une vie de rêve entre restaus hors de prix et montres de marques. Evidemment tout ça n’est que foutaises. Henry n’écrit pas une seule ligne de ses romans, il trompe Martha depuis des lustres avec son éditrice qui dailleurs est enceinte. Une nana que l’on voudrait trouver ravissante idiote mais qui n’est autre que sincère. Profondément sincère. Et du coup on s’y attache à cette maîtresse. Même génante. Henry moins. Il décide d’ailleurs de s’en débarasser. Manque de bol, c’est sa femme qu’il jette au fond du trou, celle-là même qui écrit les polars qu’il signe de son nom. Puisque voilà le noeud du roman : Martha écrit, Henry  publie et récolte les honneurs. Vous l’aurez compris, Martha morte, c’est un peu comme si la poule aux oeufs d’or était de l’histoire ancienne…

Au nom de Sa MajestéLaurent Graff 001

Laurent Graff

Editions Le Dilettante

Encore un livre de Laurent Graff qu’il faudra lire un jour de pluie. Parce qu’il fait du bien. Parce qu’il nous fera toujours sourire…

Je note ici quelques passages. Ici plutôt que sur une plage de sable fin où la mer les aurait effacés. Vous aurez plus de temps pour les lire : « C’est en faisant la vaisselle qu’on mesure sa solitude : une verre, une assiette, un couteau, une fourchette. Quand l’évier déborde, c’est jour de fête. » ;  » Sa baigner dans l’Atlantique au mois de mars équivaut très nettement à franchir une frontière, avec fouille en règle. » …

ChienChien 004

Samuel Benchetrit

Editions Grasset

Bon d’accord, c’est un coup de coeur de Prince mais pour commencer, il ne faudrait pas oublier que c’est moi qui l’ai commandé, que c’est moi qui lui en ai parlé, que d’habitude, c’est moi qui adore Benchetrit, que j’ai lu tous ses autres romans, que Prince est tout neuf dans la profession alors que j’ai un peu de bouteille, que lui il dévore les livres, d’accord, mais que moi je les lis, et que celui-là, s’il a échappé au carnage, c’est juste parce que Prince était repu de croquettes. Et puis, si vous voulez que je vous parle de « Chien », je peux, moi. Alors que Prince, lui, il veut juste qu’on aille le promener.

Bauwen 004Temps glaciaires

Fred Vargas

Edtions Viviane Hamy – Viviane Hamy – Viviane Hamy – Viviane Hamy mais pourquoi vous avez laissé partir votre poule aux oeufs d’or c’est dingue cette histoire vous avez pas lu Jack et le haricot magique quand vous étiez petite ?, on fait pas des choses comme ça, c’est comme si Albin Michel disait à Amélie Nothomb « non écoute Amélie on t’aime bien mais va voir ailleurs à présent si l’herbe est plus verte, si j’y suis, si t’es plus heureuse avec d’autres »… Evidemment qu’Amélie trouvera du Champagne à gogo dans une autre maison genre Flammarion parce que des Térésa Crémisi il y en a d’autres… Allez Viviane, même si Samuelson est comme il est, rappelez Fred, faites vous un apéro et une tape dans le dos, pardonnez vous, il faut pardonner à son prochain (il paraît) et redonnez à Adamsberg et Danglard un jolie couverture comme avant parce que celle-là, vraiment, elle est mooooooche. Heureusement que le livre est bieeeeeeen.

Le baiser du mammouthMammouth 002

Antoine Dole

Actes Sud Junior

Si vous avez des mômes d’environ 10 ans, s’ils sont un peu fleur bleue, ingénieux et un brin orgueilleux, vous pouvez leur faire lire « Le baiser du mammouth ». Après, sous prétexte de vous faire une idée de ce qu’ils lisent, vous leur piquez et discrètement, vous pourrez bien rigoler. « Le baiser du mammouth », c’est l’histoire d’Arthur qui tombe raide dingue amoureux de Fiona, la copine de sa soeur. Cette Fiona, elle est parfaite. Elle réussit à gagner tous les niveaux de Mario Bros d’une seule main en piochant de l’autre dans le paquet de bonbons. Impressionnante. Sauf que Fiona, elle a 15 ans. Comme la soeur d’Arthur. Et lui, il a 9 ans. Alors bien sûr, elle ne le regarde que pour lui pincer la joue genre « sacré bonhomme », quoi. Humiliant. Ce n’est qu’un môme à ses yeux. Mais comme c’est sûr, ils sont fait l’un pour l’autre, si Arthur réussit à mettre Fiona dans le congélateur, qu’il la surveille pour que personne ne la prenne pour une glace et qu’il la décongèle lorsque lui aura 15 ans aussi, alors, ils auront le même âge et plus jamais elle lui pincera la joue. Elle ira au boulot et ils se retrouveront le soir alors qu’i aura passé sa journée à jouer aux jeux videos avec ses potes. Ce sera bien.

Bauwen 003Les fantômes d’Eden

Patrick Bauwen

Ed Albin Michel

Parce qu’il n’y a pas de raisons qu’il n’y ait que moi qui me ronge les ongles et qui écourte mes nuits, je préfère vous parler de suite de Patrick Bauwen. Méfiez vous, contrairement à ce que son nom laisse penser, Patrick Bauwen est français, c’est à dire que comme Jean Christophe Grangé, vous pouvez le croiser au premier coin de rue venu… et alors là, je préfère vous prévenir tout de suite, torturés comme ils sont ces garçons, mieux vaut passer votre chemin au plus vite.

Patrick Bauwen vient d’écrire « Les fantômes d’Eden » : Paul Becker est mort, infarctus, ça pardonne pas. Des dettes plus nombreuses que les kilos de terre que l’on est justement en train de jeter sur son cercueil. Paul Becker, plaqué par sa femme, englué dans une obésité de catégorie qui n’est même plus répertoriée… On en vient à douter que ce Paul Becker puisse rentrer dans l’objectif du paparazzi qui est en train de mitrailler les quelques intimes présents à l’enterrement. Un paparazzi qui s’appelle… Paul Becker, justement. Le mort n’a pas l’air d’être si mort que ça.

AmoursBauwen 002 Bauwen 001

Léonor de Récondo

Editions Sabine Wespieser

Que dire de ces Amours début de siècle, de cette maison bourgeoise de province dans laquelle, je suis sûre, on se caillait un peu, de cette petite Céleste qui semble aussi unique à nos yeux de lecteurs qu’inutile à ceux de sa mère, de ce notaire que l’on déteste avec une constance qui ne souffre pas l’à peu près… ?

Un petit rappel pour Pietra Viva… C’était mon coup de coeur de la Rentrée Littéraire de 2013…

Que dire d’autre ? Que Léonor de Récondo nous fait la joie immense d’être à Annecy, juste pour nous, le 16 avril. Guettez votre mail…
Angoulême, c’est bientôt… : du 29 janvier au 1er février 2015

Un Océan d’amourlupano 001

Lupano & Panaccione

Editions Delcourt

Mon coup de cœur 2014… Lupano, méfiez vous de lui. S’il ne rafle pas tout à Angoulême alors je n’écris plus jamais rien sur personne ! Après ma claque pour le Goncourt, je finirai par croire que je porte la poisse… Deux mots sur « Un océan d’amour » : Elle est bigouden, amoureuse folle de son mari même s’il est aussi bigleux que rabougri et qu’il jette son pyjama par terre lorsqu’il va prendre sa douche. Elle lui prépare son casse croûte comme personne lorsqu’il part en mer, chaque jour que Dieu fait, avec sa p’tite boîte de sardines, parce que lorsqu’on est marin, on mange du poisson, même en boîte. Elle le regarde avec tendresse et un peu d’inquiétude quand il s’éloigne un matin de plus. Et pour cause… Ce soir il ne rentrera pas. Elle l’attend sur le port, cernée par les pleureuses que la nuit finira par faire fuir, et pour tout dire, à nous aussi elles finissaient par vriller les tympans ; les lamentations ont leurs limites !

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Arnaud Rykner

Ed du Rouergue

Il y a des romans qui vous tombent dessus un jour et qui laissent comme un tatouage sur votre peau. « Nur » est de ceux là. Je me souviens de cet homme qui part en mission dans un pays d’Orient et qui tombe follement amoureux d’une jeune femme. Leur amour est passionné, fulgurant, érotique, interdit, impossible, éphémère, que sais je encore… ?

« Nur », en allemand, ça veut dire « seulement ». En arabe, ça veut dire « lumière ».

 

Le Goncourt, c’est dans quelques minutes, une heure ou deux…

Je voudrais vous dire à quel point je croise les doigts pour que ce roman qui m’a assise soit primé, mais ne perdez pas de temps à me lire. Lisez-le plutôt.

Il s’agit de « Meursault, contre-enquête », de Kamel Daoud.

De deux choses l’une, ou je suis heureuse dans quelques heures, pour lui, ou je suis heureuse encore, dans quelques heures, pour moi, pour vous, d’avoir lu ce roman incroyable et de pouvoir pour toujours le partager avec vous.

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Mille ans que je n’ai pas noté quelques coups de coeur ici, à croire que je n’en ai plus ! Que nenni ! J’ai, et coeur, et coup de coeur, je vous assure. Moins de temps, c’est sûr, pas pour lire, mais pour noter ici ce que je lis et que j’aime.

Je vous en livre, en vrac… pour cette rentrée 2014, qu’une fois encore, j’adore !!

Peine perdue

Olivier Adam

Ed Flammarion

Il est mon coup de coeur de cette rentrée 2014. Que vous dire d’autre… ? 22 voix à ce roman choral. Un Antoine qui ouvre le bal, une espèce de crétin aux jugements toujours à l’emporte-pièce, mais pour l’heure il est dans le coma, amené à l’hôpital par on ne sait qui, alors on lui pardonne beaucoup. « Peine perdue », c’est cette idée qu’il serait peine perdue d’imaginer que l’on est vraiment acteur de notre vie, cette vie qui toujours nous échappe, nous surprend, nous laisse parfois à terre ou nous réserve de belles choses…

Autour du monde

Laurent Mauvignier

Ed Minuit

« Autour du monde » est le roman du battement d’aile du papillon, ce moment où toutes les vies basculent, se disloquent, alors que le Tsunami de 2011 endeuille le Japon de plus de 15000 morts. Mauvignier nous fait passer de personnage en personnage avec l’idée que nous sommes dans ce monde condamnés par le lien, à jamais inséparables.

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La peau de l’ours

Joy Sorman

Ed Gallimard

Vous vous souvenez tous d’un soir de veillée, l’été, une chaleur encore écrasante alors qu’il est tard… Votre grand-mère commence de raconter. Personne n’en parle plus au village mais il y a bien longtemps, les villageois et les ours avaient juré ne plus jamais se rencontrer. Les ours resteraient dans leur montagne, les hommes au village, et tout se passerait bien. Jusqu’à ce jour où le plus fort de ces animaux avaient rompu ce pacte et enlevé Suzanne, la plus jolie adolescente du village. Trois années durant, il l’avait retenue prisonnière, trois années durant, il l’avait violée. Lorsque les bûcherons retrouvent Suzanne, elle est accompagnée d’un jeune garçon, mi homme, mi bête. Et c’est lui qui va nous raconter son histoire. Un conte incroyable, surprenant, mais on est si bien au coin du feu un soir d’été…

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On ne voyait que le bonheur

Grégoire Delacourt

Et Lattès

Si vous avez aimé « La liste de mes envies », vous allez le trouver bien fade après la lecture de celui-ci. J’ai appris beaucoup sur le pardon en lisant ce roman ambitieux. J’y ai cru, même. Antoine, 40 ans, voit sa vie s’effrondrer comme celle de son père en son temps. Sa femme a un amant ; mensonge et désamour sont le lot commun depuis longtemps déjà. Incapable de se relever, Antoine veut rompre la spirale et décide de mettre fin à cette vie. Prison, Mexique, la troisième partie du roman nous bascule dans la compréhension, le pardon peut-être, sûrement. Plus rien de commun avec cette bluette de liste de mes envies. Si je ne devais avoir lu qu’un seul livre de Delacourt, ce serait celui-là.

 

Retour à Little WingNickolas Butler

Nickolas Butler

Ed Autrement

Une amitié vieille de 20 ans et qu’est ce qu’on en fait ? Devient on des vieux amis, des amis pour toujours ? Des amis sur qui l’on compte au nom de tout ce qu’on a vécu.. ? Olivier Adam recommande ce roman. Je recommande ce roman. Le Booker Price lui revient. Une traduction dans des dizaines de pays l’attend. Perméables à l’un ou l’autre de ces arguments, perméables à aucun, l’essentiel est que vous ne passiez pas à côté : lisez le pour la raison qu’il vous plaira mais lisez le !

 

 

Le 31 mai 2014

Le liseur de 6h27liseur 001

Jean-Paul Didierlaurent

Ed Le Diable Vauvert

Avec autant de prénom dans son nom, on aurait pu se douter qu’il ferait cette vilaine contrepétrie en préambule… Mais là n’est pas le plus fort de ce roman à mon sens inrésumable. Je pourrais vous parler de Giuseppe qui n’a de cesse de récupérer tous les exemplaires de Jardins et Potagers d’autrefois de Jean-Eude Freyssinet. Je pourrais vous parler de Julie qui ne sortira plus son ordinateur sur sa table de camping parcequ’il faut que l’habit fasse le moine pour que ce monde tourne rond. Je pourrais vous parler du gros de 10h qui ne dit jamais bonjour, pas plus qu’au revoir d’ailleurs. Je pourrais ne pas oublier Brunner même si ce n’est pas l’envie qui m’en manque, et vous avouer que j’étais bien contente qu’il se prenne un bouquin bien balaise en pleine tempe…

Mais avec tout ça, je ne vous aurais pas dit l’essentiel. Alors à quoi bon…

 

Le 8 mars 2014

C’est quoi ce roman ?devillaire 002

Corinne Devillaire

Ed Thierry Marchaisse

C’est quoi ce roman ? C’est pas un roman, c’est une bombe ! Un chateau de cartes qui s’effondre, une série de dominos qui s’écroule… Un peu « Chouquette », d’Emilie Frèche, un roman qui fait rire parce qu’on est bien calé dans son canapé et qu’on observe cette vie merdique en se disant qu’on est bien loin de tout ça !

Malou est grand-mère (dites-le doucement parce qu’une ride risque bien de faire son apparition si elle vous entend). Elle a choisi pour deuxième mari un chirurgien esthétique (inutile de vous expliquer pourquoi…). Les vacances approchent, son fils débarque pour passer quelques jours chez elle avec femme et enfants. Catastrophe annoncée…

Le 25 février 2014

 

nadia 001La petite communiste qui ne souriait jamais

Lola Lafon

Editions Actes Sud

Un jour, les enfants qui ont 5 ans aujourd’hui liront un roman sur Renaud Lavillenie. De lui, ils ne se souviendront peut-être de rien. De lui ou de Martin Fourcade…, l’exercice est le même. De Nadia Comaneci je ne me souviens de rien. Ou si peu. Contrairement à Lola lafon qui « s’en souvient comme si elle y était ». Vous dire que je n’ai pas choisi ce roman pour le sujet serait plus court, évidemment !! Mais justement, j’aimerais bien que l’on s’attarde un peu sur ce roman…

En finir avec Eddy Bellegueulenadia 002

Edouard Louis

Editions du Seuil

Tout a été dit ou presque sur Eddy Bellegueule… Un premier roman incroyable, violent, saisissant, écrit par ce tout jeune Edouard Louis qui dirige, excusez du peu, un essai sur Pierre Bourdieu, avec les collaborations d’Annie Ernaux, Didier Eribon, Frédéric Lordon… Tout a été dit et pourtant, à la lecture, je n’en suis pas revenue. Il me reste l’impression d’avoir lu un roman sur l’opposition, deux rives qu’aucun pont jamais ne relie. Deux langues, deux narrations, deux temps, tout se percute sans cesse. Quelle violence… Alors oui, je comprends : « De mon enfance, je n’ai aucun souvenir heureux… » Etre parents, c’est aussi savoir se débrouiller avec ça, sans doute.

 

Autant que je vous l’avoue, je ne suis pas parfaite, loin de là. Jusqu’à hier, je ne connaissais pas les Daft Punk, et depuis quelques temps, je cède à la Zombiemania. Deux mauvais points me direz-vous ? J’assume. D’autant que depuis que je vends à la pelle « La femme parfaite est une connasse », je vis très bien mes imperfections !! Pour ceux qui comme moi, ont vécu sans aucun scrupule sur une planète sans robot et donc sans Daft Punk, voilà ci-dessous quelques images pour vous rattraper. Pour les autres (ou les mêmes) zombies addicts, sachez que le Tome 19 de Walking Dead est arrivé aujourd’hui !!

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S’abandonner à vivre

Sylvain Tesson

Editions Gallimard

Alors il est comment le dernier Tesson ?
C’est même pas qu’il est bien…, c’est une tuerie !
« Devant les coups du sort il n’y a pas trente choix possibles. Soit on lutte, on se démène (…), soit on s’abandonne à vivre. »

Nous quittons « Les forêts de Sibérie » pour un recueil de nouvelles. Dès la première nouvelle, vous êtes au pli. Pas facile à digérer cet espèce de désenchantement du monde blindé d’espoir, Monsieur Tesson. Dites moi que c’est comme ça la vie, et je vous crois.

Nous sommes le 13 janvier.
Maman, ce jour est le tien, ce livre est pour toi.

 

Quatre soeurs

Tome 1 : Enid

Tome 2 : Hortense

Malika Ferdjoukh/Cati Baur

Editions Rue De Sèvres

Mardi 14 janvier 2014 012Quart d’heure BD…

Le deuxième Tome des aventures des soeurs Verdelaine est sorti ! On avait hâte !! La famille Verdelaine, pour ceux qui ont loupé le premier épisode, ce sont cinq soeurs. D’où le titre « Quatre soeurs ». Parce qu’il y en a une, Charlie, la plus grande, qui ne raconte rien… Cinq soeurs qui vivent dans une maison (plus pourrie que ça c’est difficile) bord de mer donc fouettée par les vents, mal chauffée, qui serait une superbe maison de vacances si seulement le 15 août plein soleil pouvait durer toute l’année. Enid, la plus jeune soeur Verdelaine, occupe la place dans le premier Tome. Le vent a déraciné l’arbre du jardin. L’écureuil et la chauve souris, grands amis d’Enid ont été délogés. Catastrophe pour Enid qui n’aura de cesse de les chercher pour les mettre à l’abri. Là dessus Colombe déboule, au grand dam de Bettina, aussi foutraque que Colombe est bien élevée genre coincée. Si pour couronner le tout Juan Heurtebise en pince pour elle, alors où va le monde !! Dans le tome 2, Malika Ferdjoukh donne cette fois la voix à Hortense. Aussi timide que Colombe est proprette, toujours dans ses livres et son journal intime…

Allez, je n’vous en dis pas davantage. Offrez-les à vos filles, lisez-les (piquez-leur !), vous allez craquer !

 

Une histoire d’hommes

Zep

Editions Rue De Sèvres

A la rentrée est sortie une BD qui ne vous a sans doute pas échappée. Aux Editions Rue De Sèvres. Comme Rue De Verneuil, mais Rue De Sèvres…

Elle s’appelait « Une histoire d’hommes », du même Zep que celui de Titeuf. Mais cette histoire d’hommes n’a rien d’une histoire de mômes. Pas de gros mots mais du lourd sur le coeur. Un groupe de potes et de rock qui joue le soir de trop, qui dérive et qui dérape. Et qui se retrouve 20 ans plus tard ou presque. L’heure des retrouvailles, de déballer amertumes, espoirs enfouis et renoncements. Et puis le reste…

Une BD qui nous avait valu d’envoyer à Rue De Sèvres, ce nouvel éditeur, notre admiration pour ce travail et nos encouragements pour la suite. Une attention qu’ils nous rendent au centuple aujourd’hui, avec ce gri-gri de l’auteur (numéroté 132/400) sur un vieux vinyl de Sandro Moon que j’ai eu envie d’écouter direct sur cette foutue technologie moderne qui ne lit que les formats compressés.

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Le 24 novembre 2013 :

Depuis hier, notre vitrine, Rue De Verneuil, c’est celle-ci :

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Il fut un temps où les gens parlaient du petit livre rouge. C’est un temps révolu. Sachez-le.

A présent, ce que nous entendons c’est : « Regarde, c’est le livre jaune que je suis en train de lire… »

 

Le 22.11.1963…

C’était il y a 50 ans :

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photos iphone 22 nov 2013 002Et si ce jour-là n’avait pas eu lieu, on serait aujourd’hui, le 22 novembre 2013, Kennedy serait un vieil homme, il aurait quitté Jackie Bouvier pour Marylin (qui secrètement entretiendrait une liaison avec Jean Paul Rouve, allez savoir pourquoi…).

Jackie Bouvier-Kennedy-Onassis s’appellerait à présent Jackie Bouvier-Kennedy-Onassis-SK. On aurait bien quelques pistes sur la signification du SK mais d’aucuns nous menaceraient de goudron et de plumes en cas de révélations. Alors nous nous tairions… (Le courage a ses limites, j’voudrais vous y voir…)

 

 

Une date à noter dans vos agendas dare dare :

le 28 novembre 2013

Photo de Romain Puértolas 2Romain Puértolas 1Photo cadré 3iphone nov 2013 004

Romain Puertolas vient à Annecyet méfiez vous…, il n’y aura qu’une seule soirée !!

Ce n’est pas « Céline Dion le remake » à L’Impérial avec deux soirs de faux concerts… !!

Ce n’est pas Michel sardou et il n’y aura pas d’annulation de dernière minute…

Romain Puertolas

…ce n’est que le jeudi 28 novembre, à partir de 19h30 au Bistro des Tilleuls .

Si vous êtes en avance, no problemo ! A 19h00, apéro musical avec Blue Mood.

L’extraordinaire voyage du Fakir

qui était resté coincé dans une armoire Ikea

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Le 12 novembre 2013

Et un Médicis étranger pour Toine Heijmans !!!!iphone 30 oct 2013 001

 

Le 4 novembre 2013

A tous ceux à qui j’ai offert cette petite nouvelle inédite de Pierre Lemaître « Rosy et John » pour patienter avant l’attribution du Goncourt…, je jure que je ne suis pas dans le secret des Dieux !!

 

Le 30 octobre 2013

Et voilà, on est demain…

Et voilà, il y est allé… Vous avez raison, je ne vous apprends rien, on le savait dès le tome 1 qu’il irait…

« De l’Italie, finalement, tu n’auras vu ni les plages de Sicile, ni Naples, ni le port coloré de Sestri Levante, ni les ruelles fraîches de Vérone…

De Rome, tu n’auras vu qu’une chambre et respiré un peu de l’air que tu respirais à vingt ans. A la fois si peu et à la fois tellement… »

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Le 29 octobre 2013

Une nuit à Rome le tome 2 !!!!!! Enfin !!!!

Scénario et Dessins de Jim

Ed Grand Angle

Petit rappel pour ceux qui ont oublié… Euh… non, personne n’a pu oublier…

Pour ceux qui n’ont pas lu, quelques mots… : Raphaël a invité quelques potes pour fêter ses 40 ans quelques jours en avance. Sa femme est là, rayonnante. Chacun y va de son cadeau. Ca picole, ça rigole… Vraiment, c’est une belle soirée. Un ultime cadeau est arrivé par la poste, Raphaël ouvre, c’est une vieille VHS. Tout le monde prend place sur le canapé, on appuie sur marche… La bombe du siècle apparaît à l’écran : c’est Marie, la petite fiancée de ses 20 ans. Ils s’étaient fait la promesse à 20 ans de passer quoiqu’il advienne la nuit de leur 40 ans ensemble. Il sait alors qu’elle l’attend à Rome dans quelques jours…

Je lis ce soir le tome 2 et vous en parle demain…

 

Le 18 octobre 2013

 

Une séparationIphone nov 2013 007

Véronique Olmi

Ed Albin Michel

L’amour dure 3 ans et le couple du 3ème étage se sépare… Mme Olmi, je préfèrerai toujours dépenser 5.10 euro pour « La pluie ne change rien au désir », que 10 euro pour « Une séparation ». Nul besoin de connaître la vie pour que nous saute aux yeux l’amour que ces séparés se portent encore, elle en tête… On jette le bébé, l’eau du bain et le plombier polonais…, on se quitte précisément pour les raisons qui font que l’on s’est aimé… Non , vraiment, « La pluie ne change rien au désir », au moins, avait du panache !!

Le 10 octobre 2013

 

En mer

Toine Heijmans

Ed Bourgoisiphone 30 oct 2013 001

Je me souviens de mon année de première au lycée… D’une prof de français que je trouvais moche, nulle et inintéressante au possible… (J’étais (aussi) ce genre d’adolescente). A la découverte d’une langue riche, complexe et passionnante, elle préférait (à mes yeux critiques) un apprentissage laborieux et rébarbatif à souhait. Me revenait à la mémoire cette année-là alors que j’entamais la lecture de ce roman « En mer »… Justement parce qu’elle tentait avec entrain de nous donner le goût de rien, et qu’elle y parvenait je vous l’assure, en nous mettant le nez dans les débuts de romans. Voilà ce qu’avait été son cours à un moment : la première page d’un roman. Je vous épargnerai la suite de l’expérience, ce n’est pas grâce à elle que j’ai eu le goût de lire…, vous l’aurez compris !!

Il y a dans « En mer » ces débuts de romans qui vous ferrent et n’ont même pas besoin de mouliner pour vous amener à eux. A la troisième ligne, je crois que je sentais déjà la houle, le vent qui bouscule, la pluie qui fouette le visage et les nuits sans sommeil qui commencent à vriller les sens. Un véritable thriller psychologique qui nous entraine dans un huis clos étouffant, dont on ne sait jamais s’il nous ramènera au port ou nous laissera à la dérive.

 

Le 5 octobre 2013

 

Billieappareil photo 1er oct 2013 454

Anna Gavalda

Ed Le Dilettante

Celui que j’adore au Dilettante, c’est pas Billie…, c’est le Fakir !!

Audrey…, c’est bien vendu, ça, ou pas ?…

 

« L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire IKEA »…

Romain Puertolasappareil photo 9 oct 2013 469

Et pourtant, il n’y a pas de coeur collé sur cette couverture* !!! Pour celles et ceux qui me connaissent, vous savez que je truffe mes belles lectures de coeurs jaune, avec mot ou pas (d’ailleurs, quand il n’y en a pas, si vous êtes un brin attentif, vous réussirez à lire quelques superlatifs à l’encre sympathique). Voilà, je suis comme ça, quand j’aime, en fait, j’adoooore !!! Mais sur le Fakir, ça n’a pas été possible. Et pourtant, Dieu sait que je me suis marrée avec ce premier roman totalement barré. Je n’peux plus vous dire le nom du Fakir (genre « Arrache ta charrue »…), je n’suis même pas sûre que l’auteur s’en souvienne !! Ce roman, c’est un humour à tomber, une planque forcée entre Barcelone, Paris et La Libye, une histoire d’amour avec Marie sur un lit qui aurait pu être à clous modèle Kisifrötsipik, un voyage low cost qui ne termine ni à la baille, ni à Lampedusa… Lisez-le !!

* Jaune sur jaune… c’est mort !!!

PS : Romain Puertolas sera bientôt en tournée annécienne !!! Réservez votre date !! C’est le 28 novembre… Je vous donne tous les détails rapidement !!

Le 1er octobre 2013

 

Deux étrangers

Emilie Frèche

Ed Actes SudEmilie Freche

Ce roman est sorti au mois de janvier. Vous ne le verrez plus chroniqué dans vos magazines, l’auteur ne sera plus invitée à La Grande Librairie, vous ne l’entendrez plus à la radio…, parce que c’est ainsi, la vie d’un livre est courte !! Et pourtant quand on aime Gainsbourg, c’est pour longtemps. Pour Gilles Verland, c’est maintenant pour l’éternité… Et bien moi j’aime encore ce qu’écrit Emilie Frèche 9 mois après ! Alors je vous en parle ; il n’y a pas que la rentrée littéraire dans la vie, que diable !!

Elise reçoit un coup de fil. Après sept années de silence, son père veut la voir de suite à Marrakech. Un voyage interminable qu’elle entreprend à bord de la Renault 5 pourrie que sa mère lui à donnée. Interminable parce que la relation entre les deux se conjugue en douleur, entre mépris, traumatismes, violences et j’en passe. « Deux étrangers », c’est le portrait d’une famille à la con, comme il y en a tant, ce que l’on devient les uns pour les autres à force de non-dits ou de faux-semblants. Portrait brossé avec une lucidité ravageuse…

Deux mots sur Chouquette (qui m’avait valu d’envoyer illico un message à ma mère pour lui crier à quel point je l’aimais)… Chouquette c’est la grand-mère mais ne l’appelez jamais ni mamie, ni mémé, ne lui demandez jamais de garder votre fils pour les vacances, ne lui rappelez jamais son âge (qu’elle n’a pas), ses rides (qu’elle n’a plus non plus). Ne lui rappelez même pas qu’elle est mère. De la voir comme ça, de loin, elle m’a fait rire aux larmes cette Chouquette. Je vous en souhaite autant…

Allez, juste pour rire, j’vous montre de plus près la couverture qu’ils ont choisi pour l’édition poche… (J’avoue, la prise de vue déforme un peu, c’est sciemment…) :

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Le 27 septembre 2013

La garçonnière

Hélène Grémillon

Ed Flammarionappareil photo 1er oct 2013 443

Si vous n’aviez pas lu « Le confident », pas de panique, il n’est pas trop tard. D’autant qu’il est paru en poche, qu’il est court, que de toutes façons vous le lirez vite parce que tous ceux qui l’ont lu sont d’accord sur ce point. Jusqu’à preuve du contraire…

Si vous ne saviez pas qu’Hélène Grémillon est la femme de Julien Clerc, pas de panique, ce n’est pas grave. On vit très bien sans connaître l’arbre généalogique de tout un chacun. Surtout quand on n’est pas chez le coiffeur avec quelques heures à tuer tellement décidément, c’est long d’être sous le casque pour ce foutu brushing qui nous vaudra des remarques en rentrant. Jusqu’à preuve du contraire…

Si vous n’avez pas lu « La garçonnière », assurez vous que le temps est dégagé (j’entends par là : que vous avez quelques heures devant vous), que vous n’êtes pas en manque cruel de sommeil (il ne s’agira pas de piquer du nez au bout de deux chapitres) et que vos ongles sont un peu longs (si toutefois vous aviez envie de les ronger…).

Selon ma représentante, Hélène Grémillon est un brin flippée parce qu’elle ne sait pas si les gens vont aimer… Qu’elle se rassure, je ne suis pas les gens, je ne suis qu’une seule, mais j’ai aimé.

 

Le 17 septembre 2013

Pietra Vivaappareil photo sept  ter 2013 448
Léonor de Récondo

Ed Sabine Wespieser
Mon coup de coeur absolu de cette rentrée littéraire !!!
Je ne vous en dirai rien. Il faut plonger dans ce roman vierge de tout… N’en rien saisir pour commencer et pourquoi pas ?… Ne ressentir que la chaleur de Carrare, la folie de Cavallino, le désespoir de Michele, le manque d’Andréa…, et la force du marbre.

La lettre à Helga
Bergsveinn Birgissonappareil photo sept  ter 2013 451

Ed Zulma

Il y a dans ce roman une somme de renoncements telle que si vous n’êtes pas solidement attachés au bonheur, il vaudrait mieux passer votre chemin !!
Et pourtant qu’elle est belle cette « Lettre à Helga »…
Si vous en tentez la lecture, vous pourrez toujours vous réjouir de ne pas la recevoir…, et surtout de n’être pas passé à côté de votre vie.

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La nostalgie heureuse
Amélie Nothomb

Ed Albin Michel

Et voilà clôturée la trilogie japonaise de Nothomb.
Un bon cru cette année à mon avis…

La servante du Seigneur

Jean Louis Fournier

Ed Stockappareil photo sept  ter 2013 449

Il nous avait dressé le portrait de ses garçons handicapés..

Dans leur ombre suivait une fille. Qui le faisait rire aux larmes avec son humour noir.
Pourtant un jour elle prend le voile. Passe alors à l’humour rose.
Une catastrophe pour Fournier qui ne s’épargne rien, ni introspection ni réglements de compte.
J’en ris encore.

Dans le silence du vent
Louise Erdrich

Ed Albin Michelappareil photo sept  ter 2013 450

Le roman commence avec la violence d’un Pollock. Si vous n’avez pas lu Pollock, il faut !!! Son roman s’appelle « Le diable tout le temps », il n’est que désolation et fin du monde, c’est vrai, un genre de « Sukkwan Island » aussi, mais je vous mets au défi de le poser. Pollock vous prend, vous chahute, vous mélange, vous cogne à terre. Vous terminez la lecture essoré et vidé. N’empêche que vous le conseillez à vos potes, vos bons potes, ceux qui en ont vu d’autres, parce que vraiment, Pollock mérite qu’on s’y arrête.

Louise Erdrich, je reprends… Elle a grandi dans une réserve indienne du Dakota.
Les statistiques d’Amnesty  International sont raides : une femme amérindienne sur trois est victime d’un viol.

Mais derrière ces statistiques, il y a ce jeune ado, sa mère dévastée, et une zone de non-droit insupportable.